[Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Andromède le Lun 9 Avr - 20:23

Mieux vaut tard que jamais : j'ai enfin pu lire Eros-Center ce WE \o/

Alors pour le coup, s'il faut se positionner dans le débat, j'avoue que je suis plutôt d'accord avec.... les deux ! (Salomon, sort de ce corps)

Non, sérieusement, a priori ma première impression rejoint plutôt celle de Princess*, parce que oui, clairement, tous les ingrédients et le schéma du conte de fées/récit de quête initiatique (le personnage d'Orhan a quand même une super évolution dans le genre "déclic qui va me permettre de prendre enfin ma vie en main") fonctionnent, et contrairement à la précédente nouvelle, ce ne sont pas les méchants qui gagnent, si je puis dire. Je n'ai pas trouvé le fait qu'Orhan n' "obtienne pas" la princesse de ses rêves à la fin (après s'être sacrifié pour elle) mélancolique, au contraire, puisqu'en tombant amoureux de Joy, il est plus tombé amoureux d'un fantôme qu'autre chose... Je veux dire, lorsqu'il la rencontre, certes il l'empêche d'acheter de la poudre à blanchir, et donc symboliquement il la voit et 'apprécie bien pour ce qu'elle est vraiment, mais c'est trompeur : elle est toujours "Joy", et pas Félicité, et la communication entre eux est toujours à sens unique. Elle lui raconte sa vie, Monsieur André, comment est-ce qu'elle est est arrivée là, et surtout ses rêves à elle... mais de lui, elle ne demande rien, elle ne sait rien, et elle ne lui "donne" même rien, sinon un souvenir avec les dessins à la fin. La seule chose dont rêve Félicité, elle n'arrête pas de le répéter, c'est Paris... ça reste une impression personnelle, bien entendu, mais à la lecture du truc, je pense sincèrement que s'il avait fini avec elle, Orhan n'aurait pas été heureux. Malika, elle, au contraire de Félicité, est venue à lui franchement, l'a embrassé, l'a regardé comme un homme à aimer et non pas simplement comme un libérateur potentiel... c'était elle la véritable princesse, pour Orhan, si je puis dire.
(Rien que le fait qu'il ne soit JAMAIS capable de bander -et donc d'être prêt à s'unir avec elle, toujours au plan symbolique- devant Félicité en personne, et qu'il le soit pour Malika après qu'elle lui ait offert une marque de tendresse réelle dit tout, je pense).

Par ailleurs, comme je disais plus haut, même s'il a dû tuer et qu'il est par conséquent passé de l'autre côté de la barrière, le bilan est tout de même positif pour le héros : il est passé du stade "glandeur passif qui ne sait pas ce qu'il fout là" à "protecteur conscient de sa force et utile" (il est clairement dit que les filles l'aiment bien et se sentent en sécurité parce qu'il est là à son nouveau boulot). En clair, il a trouvé du sens à sa vie, malgré les épreuves et les traumatismes, ce qui est au fond le seul vrai but à atteindre pour n'importe qui.

Ça, c'est pour l'aspect optimiste de la nouvelle, que oui, j'ai ressenti assez clairement.

Après, pour l'aspect "négatif"... Disons que si on veut, on peut complètement retourner l'interprétation du cheminement d'Orhan^^ Il était parti pour "libérer" l'âme des filles prisonnières de leur condition de prostituées, et il finit en employé d'un Super Eros-Center, en quelque sorte, et donc comme un membre du système qui permet d'emprisonner les filles en question. De même, s'il a libéré Félicité et les autres, lui-même devient prisonnier à son tour, à la fois de ce monde là et de ses souvenirs...

Comme pour la Ville Féminicide, en fait, je pense que la grande richesse du texte ce sont ses différents niveaux de lecture, justement. Et même si là, clairement, j'ai plutôt tendance à retenir l'aspect positif des choses, l'aspect très noir du monde de la prostitution africaine en Europe tel que nous le présente Thomas Day a quelque chose de beaucoup plus effrayant que dans la nouvelle précédente... Dans la Ville, c'est la démesure dans la violence qui était privilégiée, ici ce sont plutôt les mécanismes du cauchemar (perso, c'est moins la scène de l'épilation qui m'a le plus fait flipper que la description de la statue chez Monsieur André... j'ai dû faire une pause de plusieurs minutes après l'avoir lue, tellement l'image a été forte). Autre registre, autre ressenti... Ouaip, clairement, celle-ci m'a fait peur, parce qu'elle est plus perverse, je trouve. Et c'est sans doute là que réside le véritable pessimisme de la nouvelle, à mon sens : comme le pense Orhan à un moment, que la magie soit réelle ou pas, peu importe, puisqu'on n'en a pas besoin pour soumettre vraiment quelqu'un, la terreur et la manipulation suffisent.

En clair, une autre excellente nouvelle, dans un registre complètement différent, et qui fait se poser beaucoup plus de questions... je vais enchaîner sur la suite demain dans le train, je pense x)

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Mar 10 Avr - 12:30

Eros-Center aura quand même un niveau de lecture beaucoup plus large que La Ville Féminicide, on aura quand même eu des sentiments très opposés sur cette nouvelle x)

Bref, on est mardi, temps de passer a la suite de la LC, j'ai nommé Tu ne Laisseras Point Vivre..., que je viens a peine de terminer, et que j chronique donc a chaud, excusez donc encore une fois du texte a suivre qui sera certainement aussi décousu que d'habitude, voire plus. Parce que ouais, j'ai encore pris une claque. Et on pourrait croire que je suis habituée, depuis le temps, mais non (spoilers a suivre, donc, pour ceux qui ne l'ont pas lu^^).

On suis cette fois une jeune femme, Cassandra (ô délicieuse ironie du nom, que j'ai absolument pas vue venir, Monsieur Day, vous êtes un génie <3), jeune anglaise exilée au Groenland. Ce qui, d'emblée, nous offre un début de nouvelle absolument magnifique, avec des descriptions de paysages absolument magnifique (et lu avec la goutte au nez, j'peux vous dire que ça met sacrément dans l'ambiance), bref, c'est doux, calme, quasiment lavé avec du Mir Laine, tiens. On s'doute bien que ça va pas durer, donc, on en profite. D'ailleurs, ça commence assez vite, avec ce court paragraphe à la première personne. Hin, hiiiiiiiinn.

Et la, ça devient un peu moins poétique. Mais pas dans le genre "étalage de tripes sur fond de neige fraîche", naaaaaann, rien a voir, on en est pas encore la. On suis simplement la vie de tous les jours de l’héroïne dans cet endroit isolé, loin de tout, et surtout, sans confort aucun. Elle est venue vivre a la dure, elle le fait. Et ne comptez pas sur l'auteur pour vous passer tous les détails, non, non. Voyons le bon coté des choses, vous saurez faire caca dans l'Grand Nord (et c'est la que je me suis fait la réflexion que jamais je pourrais, parce que cul a l'air par moins 40 en surveillant les ours, vu comment j'ai déjà du mal dans mes chiotte en plein hiver...bref). Tout ça pour dire que jusque la, tout va encore bien. On s'installe dans le quotidien de l’héroïne, on voit son installation, sa relation avec un local, bref, c'est à la limite du contemplatif. Seuls, un ou eux détails font tiquer. Vous donnent un petit frisson. On commence malgré tout à se sentir mal a l'aise, et plus on avance dans la nouvelle, plus ça s'installe et ça devient omniprésent.

Et même si on se doute de ce qui a poussé Cassandra a l'éloignement, le moment ou elle révèle la vérité n'en est pas moins fort. Moins glauque. Et c'est la je pense, que les avis vont diverger: personnellement, j'ai plus admiré son courage qu'autre chose. La où d'autres se seraient laissée aller, elle, elle prend les choses en main, tente de s'en sortir par tous les moyens, malgré le fait que les mains tendues ne se pressent pas au portillon. Et sa fin n'en est que plus triste, plus affreuse, parce qu'on aurait aimé la suivre un peu plus, savoir comment tout ça allait évoluer.

Bref, grosse claque, comme dis. Encore un texte ou le fantastique est plus que ténu, tellement Thomas Day, par les détails, l'a ancré dans la réalité. Encore un texte qui fait réfléchir, même si le propos est moins visible, moins clair que dans les deux précédentes nouvelles.

Encore un texte que j'ai beaucoup, beaucoup aimé, et pour lequel j'ai vraiment, vraiment hâte de lire vos avis.

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Myschka le Mar 10 Avr - 14:48

Bon, alors comme j'ai lu l'intégralité du bouquin juste après le SdL, il a fallu puiser dans mes souvenirs.

Personnellement, Tu ne Laisseras Point Vivre... est pour moi une allégorie du mythe de la sorcière, pour le côté prophétique de Cassandra évidemment, mais au-delà, la liberté qui fait forcément peur vue de l'extérieur (ici l'extrême liberté sexuelle mais aussi le choix de l'isolement, de vivre en marge de la société).

Il y a bien sûr aussi la revendication féministe : Cassandra peut se débrouiller toute seule sans l'aide d'un homme, ce qui lui donne un pouvoir sur eux qui les effraie (le sexe mais aussi l'indépendance farouche). Un rappel aussi que le pire ennemi des femmes sont parfois les autres femmes, qui envient et sont incapables d'assumer la même liberté et la même indépendance : ici l'amie d'enfance coincée dans une famille ultra traditionaliste, puis casée (coincée aussi, finalement, dans le foyer qui peut faire penser à une prison) avec un mari dont on ne sait même pas si elle l'aime vraiment, qui ne pouvait s'échapper qu'en entendant le récit des aventures de Cassandra mais qui la déteste parce qu'elle est incapable de faire pareil, et préfère la traiter de pute et de sorcière plutôt que de regarder ce qui ne va pas chez elle (en l'occurrence sa frustration et sa jalousie poussées jusqu'à la haine).

Tout ça pour dire que c'est un bien triste rappel (à la façon Thomas Day évidemment, donc poussé à l'extrême) que les violences faites aux femmes sont aussi et malheureusement celles qu'elles s'infligent à elles-mêmes et entre elles. Je trouve que dans cette nouvelle, finalement, les hommes ne jouent qu'un rôle secondaire, ils sont impuissants, spectateurs et suiveurs.

(bon sinon pour revenir à un registre moins analytique, j'ai kiffé, hein)

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Princess* le Mar 10 Avr - 14:50

Je l'ai fini la semaine dernière et si je devais résumer en deux mots ça serait : grosse claque.

Pendant toute la nouvelle, j'ai vu comme Mi les petits indicounets tous "gentiment" glissés par Thomas Day et pourtant quand arrive le moment où Cassandra (non mais comment j'ai pu ne pas le voir venir groumph) révèle son secret j'ai juste eu un frisson de la mort et je n'ai absolument pas eu le temps de m'en remettre parce que c'est comme si le fait d'avoir révélé son secret devrait forcément faire accélérer les choses et la fin brutale de sa vie.

A la fin de la nouvelle je me suis sentie mal mais vraiment mal et en même temps ça faisait longtemps qu'une nouvelle/un roman ne m'avait pas autant prise aux tripes donc merci M. DAY <3
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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Mar 10 Avr - 21:05

Perso, j'ai plus vu ça du coté "liberté sexuelle" que mythe de la sorcière, du coup; en fait, j'pense que j'aurais même limite du mal a qualifier cette nouvelle de fantastique.

Par contre, comme Princess*, je l'ai pas vue venir non plus, le coup du don x)

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Andromède le Mar 10 Avr - 23:53

'Ai terminé le bouquin dans le train, à une moitié de nouvelle près, donc pareil que Mi : réaction à chaud et pas forcément garantie très compréhensible... Je pense que pour le moment, de tout le recueil, Tu ne ne laisseras point vivre est la nouvelle que j'ai préférée (j'ai pas encore terminé Points de suture, cela dit, donc ça changera peut-être d'ici là).

D'habitude, j'ai un peu de mal avec les textes qui s'articulent autour de l'appétit sexuel, qu'il soit féminin ou masculin, tout simplement parce que c'est très rare d'en trouver qui ne soient pas too much et/ou dans lesquels le thème du sexe serve vraiment à dire quelque chose de l'humain, et pas simplement à se vautrer dans le graphisme. (Ou alors c'est vraiment que j'ai pas eu de bol jusqu'ici dans mes lectures du genre).

Mais là, pour le coup, M. Day m'a vraiment bluffée. J'avais déjà un peu ressenti ça vis-à-vis du personnage d'Elisabeth Shiva dans L'Instinct de l'Equarisseur, cette femme qui assume complètement ses envies sexuelles et sa quête de plaisir, que les hommes ne comprennent pas, à qui ils collent machinalement l'étiquette de putain, ce qui finira par leur coûter la vie aussi bien qu'à elle... Mais à, pour le coup, si le personnage de Cassandra est sorti du même moule, je l'ai trouvée encore plus forte, puisqu'à aucun moment l'auteur ne la qualifie moralement, contrairement à Shiva : elle n'est pas une gentille, ni une méchante, elle est simplement une femme, totalement libre et indépendante des hommes, comme l'a dit Myschka. Et ça, j'ai vraiment adoré, parce qu'en dépit de la mort, de la haine et de l'incompréhension des autres, c'est elle qui gagne à la fin, clairement. Du moins c'est le sentiment que j'ai eu, en lisant les deux dernières pages : contrairement à ses bourreaux, elle, elle s'accepte comme elle est et elle se tient à ses choix, même à l'agonie. Le mythe de la sorcière, au fond... Bah je pense que c'est tout simplement le mythe de la femme libre (sexuellement et en général) qui fait peur aux hommes, et j'ai rarement vu un auteur contemporain le dire aussi bien que Thomas Day dans cette nouvelle.

(et au moment où j'écris ces lignes, y'en a qui se sentent plus à l'étage du dessous... Fhemi, c'est bien, tu t'es trouvé une copine, mais t'auras beau essayer, elle passera pas le mur du son, hein, à peine celui du plancher...)

Et mention spéciale au personnage de Jornriel, que j'ai trouvé assez rafraîchissant, un peu comme Orhan dans la nouvelle précédente^^ Et le dernier paragraphe, sur Halloween... <3





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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Mar 10 Avr - 23:59

Raaah, wiiii, cette dernière bravade qu'elle offre a ses bourreaux est juste magnifique<3

Mais en fait, y'a que moi qui fais durer le plaisir en lisant pas tout d'un coup, en fait? TT

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Andromède le Mer 11 Avr - 0:08

Bah c'est ce que je faisais au début aussi (quitte à prendre un max de retard du coup xD) mais j'ai fait la blonde, j'ai fourré mes Jean Markale dans le sac à dos, fourré le sac à dos dans le porte-bagages du couloir, et je me suis retrouvée sans rien à lire dans le train... Heureusement que j'avais le Thomas Day dans mon sac à main, du coup x')
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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Myschka le Mer 11 Avr - 0:13

Non mais je parlais du mythe de la sorcière comme une référence (Cassandre prophétesse, liberté et isolement, toussa). Andro l'a d'ailleurs bien explicité dans sa review.

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Mer 11 Avr - 0:14

Aaahh, ok, du coup, je comprends mieux la x) (en plus, elle est rousse, la vilaine, viens-je de tiquer!)

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Princess* le Mer 11 Avr - 0:19

Mi a écrit:
Mais en fait, y'a que moi qui fais durer le plaisir en lisant pas tout d'un coup, en fait? TT

Non non moi aussi je lis chapitre par chapitre Smile
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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Mer 11 Avr - 0:20

Mamour<3 Je savais que je pouvais compter sur toi <3

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Myschka le Mar 24 Avr - 20:22

Bah alors les enfants, on s'endort sur ses lauriers ? Il serait peut-être temps de continuer cette lecture !

Nous sommes les violeurs, donc.

Afghanistan, dans un futur relativement proche : "Nous sommes les violeurs. Mercenaires et touristes. Toubib, Bobbie, Goran, le Juif et l'Australien... En mission, mystiques, égarés. Nous sommes les violeurs. Nous sommes les libérateurs." Voici le résumé de la nouvelle en quatrième de couverture du bouquin.

C'est sans doute la nouvelle qui m'a le plus marquée dans ce recueil. Déjà parce que les faits sont relatés sous forme d'interview-témoignage des coupables et d'une victime, ce qui accentue le côté réaliste, plausible, de l'histoire, de par la distanciation volontaire. On énonce des faits, c'est arrivé, ça a eu lieu, et même si on parle ici d'anticipation, la façon dont c'est raconté laisse à croire que ça pourrait arriver en ce moment-même. Que, si ça se trouve, ça se passe déjà comme ça. D'ailleurs, ça se passe déjà comme ça, peut-être pas là-bas, mais dans d'autres pays où le viol est une arme de guerre depuis des années.

Ensuite, ce que j'ai trouvé vraiment terrible, c'est la justification : au travers du témoignage de Toubib et de la victime, quelque part, on se prend à trouver que finalement, c'est logique. Et le pire, c'est que ça a fonctionné, puisqu'on en parle, puisque finalement les choses ont changé depuis les faits.

Enfin, le personnage de Toubib, qui inspire à la fois fascination et répulsion. Difficile de concilier la froide logique dont il fait preuve, son inhumanité affichée et son acharnement presque désespéré à essayer de sauver la vie de cette femme qui a résisté. C'est là toute la force du texte : ce pour quoi il a violé ces femmes, cette volonté d'être un libérateur, il y croit, il est convaincu que ce qu'il a fait, c'est pour une bonne cause.

Il s'en persuade d'autant plus que ça a fonctionné, et qu'il ne sera pas inquiété par la suite, puisque, avec un cynisme certain, il le précise à la fin de son entretien : une fois qu'il aura terminé de parler, il va repartir, libre, et on n'entendra plus jamais parler de lui. L'impunité qui justifie toutes les horreurs.

Bref, une fois de plus c'est pas super construit, désolée >_< Mais en tout cas pour moi c'est vraiment le texte le plus fort du livre (pas forcément celui que j'ai préféré, hein, mais vraiment celui qui m'a le plus marquée).

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Jeu 3 Mai - 11:56

Bon, je viens enfin de m'y mettre. Et bordel. Je tremble, j'ai les larmes aux yeux et l'estomac qui fait du looping en free style.

Cette nouvelle, vu le thème et le titre, j'en avais un peu peur. Et je m'attendais pas du tout a ce que j'ai lu. C'est pire. Comme le dis Myschka, on a le coté interview, tout un contexte qui ancre cette nouvelle dans une réalité bien tangible et tout a fait probable, en plus. Par contre, la partie qui m' le plus marqué, c'est pas le témoignage de Toubib, ni même celui de Goran, avec son absence totale de culpabilité, non, c'est celui de la victime.

Parce qu'il illustre ce que la théorie de Toubib peut faire pour ces femmes. Parce qu'on ne sait pas si elle se rend compte de ça, ou si, au contraire, elle en est parfaitement consciente.

En gros, ce texte a l'effet délicat d'un parpaing lancé a pleine vitesse dans la figure. Ça fait mal. Ça fait réfléchir. Ça te tords le bide. C'est certes pas ma nouvelle préférée du recueil, non plus, mais tout comme Myschka, définitivement, celle la, sera ans doute celle qui m'aura le plus marqué...

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Jeu 23 Aoû - 16:33

Bon, allez, comme je suis une fille sérieuse (ahem), je donne quand même mon avis sur la dernière nouvelle du recueil, histoire de dire qu'on aura clôturé cette LC^^(la prochaine fois, faudra s'y prendre autrement ^^) (les retardataires pourront bien sur continuer a poster!)

Bref, Poings de Suture: une nouvelle qui m'a semblé très courte, et qui présente un point de vue assez inédit sur les femmes battues, et sur la revanche que l’héroïne, Samira, va prendre sur celui qui l'a frappé.

Honnêtement, c'est un très bon texte, très bien construit, et avec sa note d'optimisme, sa place en fin de recueil est parfaite, histoire de ne pas sortir la tête du bouquin et partir illico à la recherche d'une corde ou d'une lame de rasoir.
Et en même temps, du coup, ça en fait le texte qui m'a le moins plu et le moins marqué. Limite, il a l'air faiblard, surtout après Nous Sommes les Violeurs, et c'est ce qui fait son optimisme était d'autant plus nécessaire, mais je sais pas, il me manque ce petit quelque chose, ce petit détail, ce qui fait que, alors que je suis loin de l'avoir détesté, je suis aussi très loin de l'avoir aimé.



Sinon, petit mot de conclusion sur l'ensemble du livre: bordel de merde. (oui, je sais, ça fait trois mots) (zut)
Si le but était de marqué les esprits histoire de les faire réfléchir, c'est plutôt bien réussi. On ne ressors pas indemne de cette lecture. Qu'on sois ou non sensibilisé de base au sujet des violences faites aux femmes, on ne peut pas rester indifférent au sort de celles qui sont dépeintes ici, qu'elles s'en sortent ou non.

Et je maintiens ce que j'ai dis, si Tu ne Laisseras Point Vivre est ma favorite, indiscutablement, celle qui m'aura le plus marqué est Nous sommes les Violeurs.

Franchement, si je n'avais pas déjà été une groupie décérébré de Thomas Day, ce receuil aurait fini de faire de moi une grosse fan.

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Myschka le Jeu 23 Aoû - 17:45

De toute façon TD l'a dit lui-même, cette nouvelle ne se suffisait pas à elle-même et ne pouvait être qu'intégrée à Women in chains pour exister.

Je suis d'accord avec toi, il manque un truc, c'est trop "évident", trop facile, même si ça fait du bien de respirer un peu à la fin d'un bouquin qui, il faut le dire, met à rude épreuve les nerfs.

Cela dit, Eros center se termine sur une note, sinon optimiste, du moins apaisée, et pourtant cette nouvelle se suffit à elle-même. Peut-être qu'il aurait fallu développer un peu plus, je sais pas.

La différence notable et là par contre, je trouve ça génial pour une conclusion, c'est que dans Poings de suture, l'héroïne s'en sort sans aide extérieure. Ou plutôt, son destin n'est pas déterminé par un homme (dans toutes les autres nouvelles, les femmes subissent les décisions des hommes, même Cassandra qui pourtant a lutté jusqu'au bout avant de se faire tuer - par un homme, parce que son ancienne amie n'avait pas le courage - les "couilles" - de le faire par elle-même - , même Félicité/Joy qui est sauvée par Orhan). C'était nécessaire, je pense.

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Re: [Lecture Commune] Women in Chains, Thoms Day.

Message par Mi le Jeu 23 Aoû - 17:53

Ouais, c'est tout a fait ça: toute seule, cette nouvelle n'a limite aucune raison de "vivre". Mais dans le contexte du bouquin, comme je disais, c'est la note d'optimisme nécessaire pour ne pas déprimer sec -_-

En plus , comme tu as souligné le fait que, contrairement aux autre, elle s'en sorte seule, fait partie du coté un peu "cathartique" de la chose (c'est pas le mot que je cherchais, mais c'est le seul qui me vienne a l'esprit, la, maintenant^^)...

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